Le goût des choses simples – Suzanne Husky

3.06 — 12.08.2018
Vernissage 2.06 — 18h

L’exposition Le goût des choses simples met en perspective les dernières années de la pratique de l’artiste Suzanne Husky et du Nouveau Ministère de l’Agriculture, nom du duo artistique qu’elle forme avec Stéphanie Sagot. Au travers d’une variété de formes (installations, céramiques, tapisseries, vidéos) ses œuvres mettent en scène les tensions et les luttes qui apparaissent dans les campagnes prises entre les intérêts d’un capitalisme mondialisé, industriel, agressif et des formes de vie rurales, militantes et innovantes.

« Depuis le début des années 2000, Suzanne Husky donne une manifestation plastique et critique aux problématiques environnementales : la représentation, le traitement, l’exploitation des paysages, des animaux, la mise en lumière de pratiques alternatives, l’agriculture, la déforestation, etc. Ces problématiques mettent en évidence une déconnexion flagrante entre les humains et la nature. Sa réflexion menée sur les différentes formes d’exploitations et de destructions des ressources naturelles, s’accompagne inévitablement de questions connexes liées à l’asservissement, l’autorité, la surveillance, le pouvoir, l’inconscience, le cynisme, la responsabilité, la violence ou encore l’impuissance. À ce regard objectif et informé sur l’état de nos sociétés et de notre environnement global, l’artiste infiltre au fil des œuvres différentes modalités et stratégies de résistances. En ce sens, elle puise les formes, les références ou encore les techniques dans l’imaginaire collectif, de l’histoire de l’art aux cultures populaires, pour en déplacer la portée. » Julie Crenn

« C’est dans les campagnes que les usages contemporains de la nature comme ressource côtoient des formes plus sensibles d’être au monde. Les technologies appliquées à l’agriculture industrielle, les extractions minières, les barrages électriques, les élevages industriels, les développements urbains centralisés autour de ZI, les immigrations clandestines (mains d’œuvre agricole), les constructions vernaculaires, les petits producteurs militants, les monnaies alternatives et SEL ; toute la complexité des enjeux de la mondialisation sont manifestes sur le territoire rural. Par ailleurs, c’est l’histoire de l’homme qui émerge dans les divers liens que l’homme tente de tisser avec la nature ou ce qu’il en reste. Dans l’ère géologique qu’est la notre, ou « suicidaire » (comme dit Gilles Clément dans L’alternative ambiante), qu’en est-il de ce lien ? C’est une question perpétuellement réitérée aux fils de mes divers travaux. » Suzanne Husky